Les cyclopes

Dans l’arcade noire des tunnels,
Comme une pupille figée
Dans le rocher abrupt,
Les temps anciens se pressent.
Concentrés de temps passés,
Agglutinés là
Dans cet espace vide,
Epiant immobiles,
L’évolution du monde.
Regards de cyclope
X fois aperçus
Dans les vallées.
Regards inutiles,
Dérangeants.
Regards de morts, perçants.
Ombres aveugles,
Taguées de mots guerriers.
De mots d'armées vaincues.

Entre les pierres taillées des murs,
Suintent comme des pleurs,
Comme la sueur des hommes
Fourbus de tant d'efforts